Bigot Etancheite Nomenclature de diagnostic d'infiltration et protocole non destructif Version 2.2 – 2026 Champ d'application : Toitures traditionnelles (tuiles, ardoises), toitures plates et membranes d'étanchéité (bitume, PVC, EPDM), bac acier, zinc, joint debout, points singuliers et évacuations EP. CADRE DOCTRINAL ET POSITIONNEMENT La recherche de fuite constitue une prestation de diagnostic technique visant à identifier l'origine réelle d'une infiltration. Elle s'inscrit dans une logique de préservation du bâtiment. Principe directeur : Entretenir toujours. Réparer lorsque cela est techniquement possible. Rénover uniquement en dernier recours. La recherche de fuite n'a pas vocation à déclencher des travaux lourds sans cause établie. BASES PHYSIQUES ET MÉCANIQUES 2.1 Comportement de l'eau L'eau peut : Migrer latéralement dans un isolant fibreux. Cheminer le long d'un élément structurel. S'accumuler dans un faux plafond. Se déplacer sur une dalle béton. Suivre un écran de sous-toiture. Ressortir à distance du point d'entrée. Conclusion technique : La manifestation intérieure ne constitue pas une preuve directe du point d'entrée. 2.2 Pression dynamique et vent En cas de vent fort, la pression peut provoquer : infiltration sous recouvrement, pénétration sous relevé, refoulement ponctuel. Une fuite intermittente peut être liée à ces phénomènes dynamiques. DISTINCTION PATHOLOGIQUE 3.1 Infiltration active Présence d'eau récente, trace évolutive. 3.2 Humidité résiduelle Trace ancienne sans apport actif. 3.3 Condensation Phénomènes liés à : absence de ventilation, pont thermique, différence de température. 3.4 Moisissure Développement biologique non systématiquement lié à la toiture. La toiture ne peut être déclarée responsable sans vérification méthodique. 3.5 Remontée capillaire Humidité provenant du sol ou des murs, non liée à la toiture. Fréquente sur bâti ancien en tuffeau ou avec caves semi-enterrées. À distinguer systématiquement d'une infiltration de couverture. PROTOCOLE OPÉRATOIRE NON DESTRUCTIF PHASE 1 – Analyse intérieure Finalité : Localisation du symptôme et compréhension du cheminement. Actions : Lecture auréole. Contrôle support. Inspection combles si accessible. Évaluation saturation isolant. PHASE 2 – Corrélation structurelle Finalité : Alignement intérieur / toiture. Actions : Repère axes charpente. Contrôle couverture. Vérification relevés, pénétrations, solins. Contrôle évacuations EP. PHASE 3 – Analyse hydraulique Finalité : Comprendre flux et stagnations. Vérification pente. Contrôle charges ponctuelles. Évaluation obstruction. PHASE 4 – Mise en eau contrôlée Principe : Validation progressive par arrosage sectorisé. Objectif : Confirmer sans dégrader. Méthodologie non destructive prioritaire. TYPOLOGIES DE DÉFAILLANCES 5.1 Toiture plate Rupture soudure. Microfissuration. Défaut relevé. Stagnation chronique. Naissance obstruée ou positionnée trop haut. 5.2 Toiture tuile Déplacement. Gélivité. Défaut abergement. Écran dégradé. 5.3 Toiture ardoise Crochet défaillant. Fissuration ou pierrite. Recouvrement insuffisant. 5.4 Bac acier / zinc Visserie desserrée. Joint défaillant. Dilatation mal absorbée. 5.5 Chéneau Naissance EP obstruée ou mal positionnée. Corrosion diffuse du fond de chéneau. Joint de dilatation défaillant. 5.6 Interfaces spécifiques bâti ancien Jonction tuffeau / membrane : décollement lié à l'humidité structurelle du support. Interface roche / couverture (troglodytique) : mouvement permanent, relevé non maintenu. Jonction extension / bâtiment principal : mouvements différentiels, soudure sollicitée. SPÉCIFICITÉS LOCALES – SAUMUROIS Les conditions géologiques et constructives du Saumurois imposent des adaptations du protocole standard : Tuffeau (Doué-en-Anjou, Doué-la-Fontaine, Le Puy-Notre-Dame) : Support poreux à absorption variable selon la saison. L'eau peut migrer sur plusieurs mètres dans le tuffeau avant d'apparaître en plafond. Portance à évaluer avant toute décision de pose de membrane. Risque de confusion entre remontée capillaire et infiltration de toiture. Bâti troglodytique (Doué-en-Anjou) : Condensation fréquente en sous-face de roche. Interfaces roche/couverture non étanches par conception. Évacuations parfois détournées ou obstruées par la végétation. Inspection intérieure indispensable avant toute conclusion sur la couverture. Vallée du Thouet (Montreuil-Bellay) : Humidité ambiante élevée : accélère la dégradation des mastics et joints. Végétation dense dans les ruelles : naissances EP obstruées fréquentes. Corrélation fixations corrodées / infiltration en pied d'acrotère. Pavillonnaire 1970–2000 (Longué-Jumelles) : Bitume multicouche vieillissant : faïençage silencieux non visible sans inspection. Bac acier sous membrane : corrosion progressive si humidité résiduelle longue durée. Stagnation en pied d'acrotère : défaut de pente fréquent sur ce type de construction. Sols argileux — cycles gel/dégel (Le Puy-Notre-Dame) : Mouvements de structure qui sollicitent les jonctions acrotère/membrane. Relevé décollé en pied : souvent attribué à tort à la membrane alors que la cause est un mouvement de maçonnerie. MESURE CONSERVATOIRE VS RÉPARATION PÉRENNE 6.1 Mesure conservatoire Stabilisation temporaire. Protection. Étanchéité provisoire. Objectif : Stopper infiltration immédiate. 6.2 Réparation pérenne Remplacement élément. Reprise structurelle. Fournitures spécifiques. Fait l'objet d'un devis distinct validé avant exécution. RAPPORT TECHNIQUE ET TRAÇABILITÉ Le rapport comprend : État initial. Localisation suspectée. Tests effectués. Origine confirmée ou probable. Intervention réalisée. Recommandations. Finalité : Preuve technique. Support dossier assurance. Trace documentaire. CADRE ASSURANTIEL En cas de dégât des eaux : Les dommages intérieurs peuvent être couverts selon contrat. La recherche de fuite et la réparation de la cause ne sont pas systématiquement prises en charge. Le rapport constitue un élément probatoire. RÉFÉRENCES NORMATIVES Interventions réalisées en cohérence avec : DTU 40 (couvertures traditionnelles). DTU 43 (étanchéité toitures terrasses). Règles professionnelles en vigueur. TARIFICATION Forfait recherche de fuite à partir de 150 € TTC. Comprend : Analyse intérieure. Contrôle toiture. Mise en eau non destructive si nécessaire. Réparation conservatoire immédiate si possible. Non inclus par défaut : Rapport photo avant/pendant/après + rapport écrit défendable auprès d'un assureur. Option : +100 € TTC, remis en PDF sous 48h avec la facture. Recommandé en cas de sinistre déclaré, litige locatif ou vente immobilière. LIMITES ET RESPONSABILITÉ Certaines infiltrations peuvent : Dépendre de conditions météorologiques spécifiques. Ne pas être reproductibles immédiatement. Nécessiter plusieurs passages. Une conclusion probabiliste peut être formulée si l'origine ne peut être confirmée avec certitude.